Aides sociales. Bruno Le Maire sert la soupe au RN

Aides sociales. Bruno Le Maire sert la soupe au RN

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, veut traquer les bénéficiaires d’aides sociales qui les transfèrent à l’étranger, notamment au Maghreb. Des propos indignes aux relents racistes.

« Nos compatriotes, légitimement, en ont ras-le-bol de la fraude. C’est le salarié qui paye ces aides, ce n’est pas mon argent, c’est l’argent du contribuable. Il n’a aucune envie de voir que des personnes qui peuvent en bénéficier, le renvoient au Maghreb ou ailleurs, alors qu’ils n’y ont pas droit. Ce n’est pas fait pour ça le modèle social », vient de déclarer le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, Bruno Le Maire.

S’adresserait-il à ces boursicoteurs, ces milliardaires du CAC40 qui ne cessent de frauder le fisc ? Non, il s’en prend, en les stigmatisant, aux émigrés qui ont fui la misère de leur pays pour survivre et tenter de faire survivre leurs proches. Cela représenterait un à deux milliards d’euros chaque année (chiffre invérifiable selon son propre ministère). Bruno Le Maire feint d’oublier qu’un travailleur étranger rapporte plus à la France qu’il ne coûte selon une étude de l’OFCE(*).

Traquer la fraude là où elle se trouve

« Si on veut aller chercher la fraude, elle est davantage dans les paradis fiscaux qu’au Maghreb », a déclaré Léon Deffontaines, membre du Parti communiste français et secrétaire général des Jeunes communistes. « Mobiliser des préjugés racistes pour éviter de rappeler que la fraude sociale est essentiellement le fait des employeurs et la fraude fiscale est sans commune mesure » a dénoncé Olivier Faure sur Twitter.

Si Bruno Le Maire veut vraiment traquer la fraude, il n’a qu’à faciliter la mise en place de la commission d’enquête sur la fraude fiscale comme le réclame depuis des années Éric Bocquet, sénateur communiste, qui se dit prêt à en prendre la direction. Ce serait entre 80 et 100 milliards qui rentreraient chaque année dans les caisses de l’État. Mais là, pas touche au grisbi ! Le « verrou de Bercy » les protège.

(*) Observatoire Français des Conjonctures Économiques.

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