Action française, la haine en action

Action française, la haine en action

Action française
© MOs810.
La doctrine de la ligue royaliste, Action française, prône la xénophobie, l’antisémitisme et bien entendu, un anticommunisme virulent et violent.

Groupuscule. Les nervis d’extrême droite s’attaquent au symbole de la démocratie locale, ou la haine en action.

L’Action française est fondée en 1898 par Henri Vaugeois et Maurice Pujo. Originellement structurée par un nationalisme républicain antidreyfusard, elle devient rapidement royaliste sous l’influence de Charles Maurras. C’est ainsi que l’AF s’établit sur des positions contre-révolutionnaires, antirépublicaines et antidémocratiques. La doctrine de la ligue royaliste prône la xénophobie, l’antisémitisme et bien entendu, un anticommunisme virulent et violent, à partir des années 20. 

L’Action française connaît son apogée lors des manifestations du 6 février 1934, où elle mobilise près de soixante mille personnes pour marcher sur l’Assemblée nationale, provoquant ainsi la démission du gouvernement. Les militants communistes s’affronteront durement avec les hommes de main de l’AF, les camelots du roi, et les empêcheront de marcher sur l’assemblée nationale, malgré la complicité évidente de la police du préfet Chiappe. La montée des ligues factieuses sera un des moteurs de la constitution du Front Populaire.

Le choix du pétainisme et de la collaboration

Après la défaite de 1940, Charles Maurras rallie la Révolution nationale de Pétain. Ce dernier dénonce violemment la Résistance intérieure et la France libre. Le mouvement sort déconsidéré de la Seconde Guerre mondiale, à la suite de la condamnation et de l’emprisonnement pour « intelligence avec l’ennemi » de Maurras et de Pujo. Le quotidien L’Action française cesse de paraître et l’utilisation de son titre est interdite. La renaissance de ce mouvement correspond au début de la crise au milieu des années 70, dans un mélange de dénonciation de la République, de l’étranger et de la domination des Américains. Proche dans sa rhétorique du Front national, l’AF en développe les mêmes thèmes racistes, ultra-nationalistes et anticommunistes. Adeptes de l’agit’prop, leur opération contre l’Assemblée régionale illustre leur haine des institutions représentatives et de la démocratie. Ils s’inscrivent dans cette mouvance d’extrême droite violente que le gouvernement semble ignorer, tout occupé qu’il est à développer la thématique absurde de l’islamo-gauchisme, chère aux fascistes d’aujourd’hui.

TAGS