
À Rouen, l’USAP était trop à l’ouest

Rugby. Les Catalans, défaits en Normandie (31-17), n’avaient en tête que leur demi-finale.
C’est vrai que c’est pas très beau de prendre une raclée contre un éventuel relégable, mais il faut savoir faire la part des choses. Rouen a besoin d’une victoire pour se maintenir en Pro D2, la Ligue nationale de rugby veut conserver un club hors sud en championnat pro et l’arbitre, lui aussi, le sait très bien (mais promis, de lui nous ne parlerons pas!). L’USAP aussi est au courant, qui oublie sur le tarmac de la Llabanère pas moins de 20 titulaires, laissant ainsi à la bleusaille catalane le soin d’aller goûter au camembert local. Les titulaires auront droit au demi-gâteau le 30 mai, qu’il faudra confectionner dès le 14 mai contre Vannes… si Covid le permet. L’USAP n’a aucune pression du résultat étant donné que Vannes, défait la veille chez lui par Oyonnax, ne peut dépasser les Catalans que si, malencontreusement, les Bretons viennent à l’emporter à Aimé-Giral de plus de trois points. Impensable, n’est-ce pas Jeppe ? Venir gagner à Perpignan, les Vannetais en ont-ils réellement l’envie et les moyens après avoir bataillé (?) quatre jours plus tôt à Grenoble.
Les suées de l’USAP et des supporters
Mais ces jeunes de l’USAP avaient tout de même réussi l’exploit de l’emporter à Béziers un mois auparavant ? Rien à voir ! Béziers n’avait rien à jouer, fors l’honneur de ne pas abdiquer face à son rival adoré. Et il faut reconnaître qu’au stade Raoul-Barrière les Biterrois avaient été relativement mal inspirés, laissant, en particulier, les Catalans s’emparer de dix de leurs lancers en touche. À Rouen ce sont les Catalans qui ont aligné les fautes. Preuve s’il en est que la motivation n’était pas du côté des visiteurs. Huit pénalités dans leurs cinquante mètres pour un bilan de 24 points grâce à la précision du buteur local. Jamais une USAP, concentrée sur son sujet, n’aurait réalisé, dans ce domaine, une telle contre performance.
Restons modérés et pas trop critiques sur la piètre prestation des sang et or. C’était pour eux la dernière occasion de se relâcher, de libérer la soupape avant une fin mai qui s’annonce chaude, contrairement à ce que prévoit la météo, et, espérons-le, un début juin torride. Les gestes barrières pourront-ils alors être respectés ? Gros doute, lorsqu’on se souvient des soirs de victoires catalanes en 2009 et même en 2018 lors du titre de Pro d2. Pourra-t-on empêcher les supporters de se masser, le 30 mai lors de la demi-finale, tout autour de la Cathédrale à l’heure du match ? Il sera très difficile, voire impossible, de maintenir la foule supportrice chez elle… si victoire il y a. Et si le 6 juin le titre est au bout d’une année vraiment héroïque ? Pas la peine d’en parler et d’échafauder diverses hypothèses…
Le staff de l’USAP connaît, depuis plusieurs mois déjà, l’équipe qui opérera en demi-finale le 30 mai à Aimé-Giral. Ce match à Rouen avait deux buts essentiels : Préserver les joueurs qui seront titulaires pour la demie, et augmenter de façon très nette le fameux quota de JIFF. Et dans ces deux domaines l’opération Normandie peut être qualifiée de concluante. En effet combien de joueurs, dans l’effectif aligné à Rouen, seront sélectionnés pour le 30 mai ? Difficile d’en compter plus de cinq. Quant à la moyenne JIFF, elle a augmenté de façon correcte, passant dorénavant à 16,34 (pour 16 imposé), ce qui fait un volant de 10 JIFF supplémentaires pour le reste de la saison. Moyenne qui pourrait augmenter encore ou du moins se stabiliser lors du match du 14 mai contre Vannes à Aimé-Giral.
Même si l’USAP a enregistré sa plus grosse défaite de la saison, il reste aux Catalans deux semaines pour peaufiner la préparation de la demi-finale… contre Oyonnax avec une finale contre Biarritz. Allez faites vos jeux ! Fins aviat !