
Quel avenir pour le climat ?

Climat. Une « fuite » du rapport du GIEC, groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, quatre mois avant la 26e conférence annuelle de l’ONU, a fait vivement réagir le groupe d’experts et de nombreux scientifiques français.
Les informations qui ont fuité dans la presse concernant le futur rapport de GIEC sur l’avenir du climat sont, comme on pouvait s’y attendre, inquiétantes. Mais la façon dont ces informations ont été diffusées, alors que le travail des scientifiques est en cours doit nous amener à prendre du recul par rapport à la façon dont notre société exploite la médiatisation des données scientifiques et la désormais tendance à vouloir faire le buzz. Cette communication peut même avoir un effet contre productif vis-à-vis des mesures à prendre pour modifier l’impact de l’activité humaine sur la dégradation du climat, et sur la prise de conscience de la situation par l’ensemble de la population. Elle interfère dans un travail qui, pour garantir son sérieux et le fait d’être le plus proche possible de la réalité, a besoin d’être isolé de toute interférence. Il convient de laisser les scientifiques et la science travailler en toute indépendance des groupes de pression d’origine lobbyistes ou gouvernementaux, et sans présager de l’orientation finale du rapport qui modérera ou au contraire accentuera les projections évoquées.
Les conséquences du changement climatique
On sait cependant, dès à présent, que la situation est préoccupante. Les connaissances montrent que l’accord de Paris signé en 2015 ayant fixé l’objectif de limite de la hausse du réchauffement à 2°C a peu de chances d’être respecté. Et le dernier rapport du GIEC a déjà montré qu’avec un réchauffement de 1,5°C, les impacts sont déjà majeurs.
Les craintes concernent les conséquences du changement climatique sont déjà à l’œuvre. Elles sont de plusieurs ordres : L’impossibilité de pérenniser la vie de populations dans certaines zones de la planète (terres submergées par une hausse du niveau des océans, sècheresses modifiant les apports d’eau) s’accélère. Les migrations climatiques qui en découlent doivent amener les politiques à repenser les notions de partage et de solidarité telles qu’elles sont considérées dans nos sociétés occidentales. On peut craindre au contraire une montée du rejet des autres, et autres « protectionnismes » politiques qui sont une insulte à notre humanité.
Le dérèglement climatique agit sur les facteurs de transmission des épidémies. Les maladies infectieuses, les allergies et les maladies mentales sont amenées à se développer et cela touche tout le monde. Rendez vous dans plusieurs mois, voire en 2022, pour ce 6ème rapport définitif du GIEC.
Que fait la France ?
L’objectif du plan d’action climat du ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance présenté le 29 avril 2021 est d’agir à la fois au plan domestique et européen pour participer à la mise en œuvre de l’accord de Paris sur le climat. Fixation d’objectifs, accélération de prise en compte, protection des consommateurs, des entreprises et de l’environnement… Bref pas grand-chose concernant des mesures concrètes qui pourraient avoir un impact significatif. On tend plutôt vers la culpabilisation des consommateurs, le refus de remise en cause du mode de vie des privilégiés, le renforcement du système capitaliste basé plus que jamais sur le « toujours plus ». Parmi les fuites des travaux du GIEC, certaines phrases évoquent pourtant une direction tout autre : « Nous avons besoin d’une transformation radicale des processus et des comportements à tous les niveaux : individus, communautés, entreprises, institutions et gouvernements. […] Nous devons redéfinir notre mode de vie et de consommation ».
Le GIEC, c’est quoi ?
Le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat est un organisme scientifique international ouvert à tous les pays membres de l’Organisation des Nations unies. Il a pour mission d’évaluer, sans parti pris, de façon claire et objective, les informations d’ordre scientifique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine humaine et est unanimement reconnu pour le sérieux de ces travaux. Il a été créé en 1988 par l’Organisation météorologique mondiale(OMM) et le Programme pour l’Environnement des Nations Unies (PNUE).