LE TRAVAILLEUR CATALAN

Barboufat et Comelade
Barboufat en grande conversation culinaire avec Eliane Comelade.

GASTRONOMIE. Éliane Thibaut-Comelade, ambassadrice de la gastronomie catalane, s’en est allée au paradis des bons mangeurs.

Le drapeau de la gastronomie catalane est en berne, son emblématique représentante, Éliane Thibaut-Comelade, s’est éteinte. J’ai découvert ses livres avec leurs centaines de recettes tirées du plus profond de l’histoire culinaire catalane dès mon arrivée dans les P.O il y a plus de 20 ans. Pour le « gavatch » que j’étais, ce fut un choc savoureux ! La gastronomie catalane devenait pour moi une des meilleures du monde. J’ai rencontré Éliane pour la première fois à la maison communiste en 2005 lors du colloque Catalanité « Différences en partage ». De découvertes en découvertes : la picada, le sofregit,… je me suis inspiré de la richesse incommensurable de la nourriture apprêtée « à la catalane ». Grâce à elle, j’ai accommodé le « mar i munt » que de nombreux lecteurs, ami.e.s du TC et gourmands de la fête de l’Humanité, ont pu découvrir. C’est devenu mon plat fétiche. Éliane Thibaut-Comelade a fait un immense travail historique pour recenser et repenser une multitude de recettes d’origine.

Une visite inattendue

Lors d’une des fêtes de la chèvre à Montalba le Château, avec mon équipe, j’ai concocté un civet de chèvre inspiré du civet de sanglier de l’un de ses livres de recettes… Fourchette en main, les 150 convives attendaient de goûter ce plat inédit quand on a vu arriver discrètement Éliane. Pour l’équipe et moi-même, notre étonnement fit aussitôt place au trac : que va-t-elle penser ? Va-t-elle aimer ? C’est mon ami l’œnologue Pierre Torres qui me faisait cette surprise. N’étant ni cuisinier encore moins chef étoilé, je n’ai pas osé la saluer et ai attendu la fin du repas. C’est avec émotion que j’allais la remercier de sa présence et lui demander son avis. Ses yeux rieurs m’ont rassurés avant ses paroles : « C’était excellent ! » me dit-elle. Efficace ambassadrice de la cuisine catalane, elle s’est montrée avenante, joviale, modeste. Nous avons enchaîné une conversation culinaire à bâton rompu, sans chichi, à « jeu égal ». Elle me conforta dans l’idée que chaque recette a droit au respect mais aussi à de l’originalité, de l’invention, de la création personnelle. A la librairie de Noël du TC, elle me dédicaça son dernier ouvrage d’une phrase succulente dédiée aussi à l’équipe de Barboufat et Compagnie : « A des amis fidèles qui, eux aussi, sauvegardent notre identité… ».  Aujourd’hui je n’ai pas faim…

Rémi CATHALA alias BARBOUFAT

 
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