
Le coup de Trafalgar
Méprisant le résultat des élections législatives qui ont porté le Nouveau Front populaire en tête, Emmanuel Macron a fait le choix de nommer Michel Barnier premier ministre LR avec l’aval du Rassemblement national, promu arbitre de la vie politique.

Méprisant le résultat des élections législatives qui ont porté le Nouveau Front populaire en tête, Emmanuel Macron a fait le choix de nommer Michel Barnier premier ministre LR avec l’aval du Rassemblement national, promu arbitre de la vie politique.
Les mots manquent parfois pour qualifier ce qui vient de se passer en deux mois. Inconcevable, outrageant, méprisant, anti-démocratique, cynique, pathétique, farce tragique, coup d’Etat constitutionnel… Aux élections législatives, le front républicain a permis de mettre le RN en troisième position et le Nouveau Front populaire en pôle position. Il aura fallu attendre cinquante jours d’atermoiements, de parodies de concertations, de ballons d’essai, de petits calculs et de grosses ficelles pour aboutir en quelques lignes sur un communiqué à la désignation de Michel Barnier. Point d’orgue d’une séquence politique désastreuse où au déni démocratique s’est substitué le mépris manifeste du verdict des urnes.
La gauche en tête, la droite à Matignon
Emmanuel Macron a fait de choix de la continuité de sa politique inique, antisociale, ultralibérale, patriarcale et anti-immigration rejetée sans équivoque il y a, à peine, deux mois. L’objectif est clair : préserver à tout prix les intérêts du capital, quitte à s’asseoir sur le suffrage universel. D’ailleurs le Medef s’est félicité de la nomination de Michel Barnier. Pas de compromis possible hors du cadre étroit défini par le Medef : la politique économique doit rester la même. L’accumulation sans fin du capital par un groupe restreint reste le dogme prédateur, au diable les jérémiades du peuple assujetti.
Le RN pour béquille
L’Elysée reste à la barre et maintient son cap coûte que coûte de la plus piteuse manière, avec l’aide complaisante d’une extrême droite devenue maître du jeu politique. Par un funeste coup double dont il faudra savoir apprécier les conséquences, le chef de l’État parachève la normalisation du RN et renforce la défiance populaire envers le politique. Pour la démocratie l’outrage est immense.
La riposte s’organise
La mise au ban de la gauche et de ses électeurs appelle une réponse puissante et unitaire. Les manifestations du 7 septembre en marquent le début, à l’initiative des organisations de jeunesse et d’ONG, rejointes par les formations de gauche et des organisations syndicales, des centaines de milliers de manifestants ont bravé le pavé.
Le week-end prochain, la fête de l’Humanité verra converger les forces de progrès, là où se construisent les alternatives, où le peuple de gauche regarde vers l’avenir.
Les forces qui soutiennent le Nouveau Front populaire dans les P.-O. se sont réunies le 4 septembre pour coordonner leurs actions. La CGT 66 donne rendez-vous au festival des luttes le samedi 28 septembre à Alénya avant la grande mobilisation nationale du premier octobre. L’heure est à la riposte.
Jacques Pumaréda