Une peur communicative

Une peur communicative

L'USAP s'impose, sans briller, à Oyonnax (14-15) dans un match à haute tension nerveuse.

© Zebulon 2024

Top 14

L’USAP s’impose, sans briller, à Oyonnax (14-15) dans un match à haute tension nerveuse.

Avec dix points d’avance sur son hôte Oyonnaxien avant la rencontre, la peur n’était pas spécialement sur les Catalans, car, en cas de défaite, les Oyomen auraient toujours occupé la dernière place, mais se seraient dangereusement rapprochés des Catalans au classement. La peur planait en fait au-dessus de la tête des locaux… mais s’est propagée, inévitablement, sur des sang et or pas toujours rassurés par leur jeu et surtout leur classement.

Que de fautes !  

Dans ces conditions, les fautes paraissaient inévitables et le jeu plus qu’étriqué. Excepté les sept minutes de « folie » de la 12ᵉ à la 18ᵉ  qui virent Oyonnax inscrire deux essais et l’USAP un par Tavite Veredamu, le jeu fut cloisonné et pauvre, dominé par les défenses, avec une multitude de fautes, très nombreuses surtout de la part des locaux. Ce nouvel essai de l’ailier sang et or le place, pour l’anecdote, à la troisième place des marqueurs d’essais du Top 14. L’USAP savait que les ballons portés étaient la spécialité des Aindinois, les joueurs s’y étaient préparés et pourtant en quatre minutes les locaux franchirent la terre promise à deux reprises après touche et maul. Mauvaise communication des Catalans lors de cette phase de jeu ? Peut-être ! Quoi qu’il en soit, le planxot affichait un 14-8 à la pause et l’USAP n’avait rien montré. Les supporters, ceux qui étaient restés devant la télé et ceux, en nombre, qui avaient fait le long déplacement dans l’Ain, étaient sans voix et ne pouvaient que déplorer les blessures de trois joueurs sang et or cadres. Aïe ! Aïe !

Le jeu plus cohérent de l’USAP en seconde période lui permettait d’endiguer les assauts des Oyomen qui n’avaient rien à perdre. Fort heureusement, l’arbitre avait décidé de sanctionner toutes les fautes des locaux et elles furent très (trop !) nombreuses. Des Catalans plus sereins retrouvaient leur jeu et, malgré une défense adverse très efficace, arrivaient enfin à transpercer la muraille aindinoise par le funambule anglais Alistair Crossdale.

Au cours de cette rencontre qui fut ultra-cadenassée comme l’indique le score, la défense de l’USAP a réussi à tuer dans l’œuf toutes les velléités offensives d’Oyonnax. Autre point positif, et ce n’est pas nouveau, l’énorme mêlée sang et or malgré les sorties prématurées de Posolo Tuilagi et Sheilala Lam. Même si l’USAP a encore une fois perdu quelques ballons en touche, de gros efforts ont été réalisés au niveau de la discipline avec seulement cinq pénalités sifflées alors que les Oyomen étaient sanctionnés à dix-sept reprises par un arbitre peu influencé par l’environnement.

Un point c’est tout ! Diront certains

Mais ce point, qui permet aux hommes de Franck Azéma de reléguer l’adversaire du jour à treize longueurs au classement, va aussi permettre aux Catalans de travailler dans la sérénité et, pourquoi pas, à regarder plus haut dans le classement. À condition, bien entendu, de ne pas se louper, en particulier lors des deux prochaines réceptions de Castres et Lyon. En effet, cette saison, le Top 14 est un championnat complètement fou. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder le classement à l’issue de la 19ᵉ  journée, c’est-à-dire à sept rencontres de la fin de la phase régulière. À l’exception des équipes des deux Stades (Français et Toulousains) qui possèdent une avance conséquente, les treize équipes suivantes, classées de la troisième place à la treizième, se tiennent en… douze points. L’USAP actuellement onzième, n’est qu’à sept petits points de la sixième place qualificative pour les phases finales.

Et même s’ils ont décidé de batailler partout et vont rencontrer, lors des sept derniers matchs, six équipes classées de la septième à la treizième place, les Catalans savent que l’unique objectif de la saison est d’éviter les deux dernières places. Ce qui est en bonne voie… mais pas encore fait.

Fins aviat

Jo Solatges

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