Les « anti » de Fourques manifestent

Les « anti » de Fourques manifestent

Samedi 9 mars, l’entreprise Sun’Agri présentait son projet d’ombrières photovoltaïques de plusieurs hectares. Une manifestation d’opposants a perturbé l’événement.


Des groupes de travail se sont constitués.

Agrivoltaïsme

Samedi 9 mars, l’entreprise Sun’Agri présentait son projet d’ombrières photovoltaïques de plusieurs hectares. Une manifestation d’opposants a perturbé l’événement.

La présentation prévue du projet d’ombrières photovoltaïques par l’entreprise Sun’Agri s’est heurtée aux pancartes et aux arguments de ceux qui, résidents, refusent la transformation de paysages entiers, refusent cette fuite en avant dans la recherche du développement anarchique des énergies renouvelables.

Sun’Agri : c’est Eiffage entreprise

Eiffage est une grosse entreprise aux activités diversifiées, dont celle de la production d’énergies renouvelables. Son chiffre d’affaires était de 22 Mds d’euros en 2023, son résultat net de 1,013 Mds, en progression par rapport à 2022. Plus de 26 % concernaient la part « énergie » en 2022. Eiffage possède 75 % du capital de Sun’Agri qui est spécialisée dans le domaine photovoltaïque. Les rendements financiers de telles productions restent opaques, assurément très élevés vu le nombre de prétendants. Il faut rappeler que l’achat par EDF de toute la production est rendu obligatoire et à des tarifs élevés par des règles nationales insensées. Et rappeler aussi qu’il s’agit là d’énergie non pilotable, quand il pleut ou la nuit, la production est nulle.

Des arguments presque convaincants

Avec les ombrières photovoltaïques serait assurée la maîtrise des températures au sol (on climatise un peu), on diminuerait l’évaporation trop rapide et on protégerait contre les gels intempestifs. Naturellement, on permettrait la poursuite de l’activité agricole. Les arguments sont là. La chambre d’agriculture participe au projet, garantissant, en quelque sorte, le caractère vertueux de l’entreprise. Les hectares sont achetés ou loués aux producteurs, véritable effet d’aubaine pour ceux qui, en grande difficulté, trouvent là une porte de sortie honorable. S’appuyant sur de nombreux exemples d’abandons prématurés de production, la Confédération paysanne, de son côté, forte de son expérience, déclarait il y a peu : « le couplage entre production solaire et production agricole est perçu comme un moyen pour développer les énergies renouvelables et apporter un complément de revenu aux agriculteurs. À première vue, l’agrivoltaïsme a tout pour plaire. En réalité, cette notion relève du marketing et vise à légitimer un opportunisme foncier et financier dans un contexte difficile pour le monde paysan ». Une motion, selon le journal l’Indépendant, prise en mairie de Tordères et soutenue par d’autres élus, revendique : « les efforts de transition doivent être habilement pilotés sur des friches urbaines, mais pas sur des surfaces agricoles… ».

Le collectif d’opposants s’organise

Ils étaient une cinquantaine, ce mercredi 13 mars, à échanger et à élaborer une stratégie pour contrer la « propagande » de l’entreprise Sun’Agri. Une première décision était prise, celle d’un courrier, d’un questionnaire aux élus et aux partis politiques réclamant une réponse publique et explicite de leur part. Des groupes de travail et de réflexion étaient alors constitués, tels que : « déstabilisation du foncier agricole », « rôle étonnant de la Chambre d’agriculture », « argumentaire à élaborer », « étude d’impact ou non », « inventaire des villages touchés par l’offensive industrielle », « exemples d’écarts entre les promesses faites et le réel d’aujourd’hui », « des alternatives à construire », autant de thèmes que les participants se sont proposés de traiter. 

Michel Marc

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