
Les nouvelles réformes du « Pacte migratoire »
Ces dispositions n’amélioreront pas, loin de là, la situation des migrants.

Ces dispositions n’amélioreront pas, loin de là, la situation des migrants.
Ce mercredi 4 octobre les ambassadeurs des pays européens se sont réunis pour s’accorder sur la réforme de la politique migratoire européenne. Il y a urgence. En effet, l’arrivée des exilés en 2015 a montré les limites du règlement de Dublin adopté en 2013 qui laissait l’instruction des demandes d’asile aux pays d’entrée en Europe. Ainsi, les pays méditerranéens se sont retrouvés à assumer une part considérable de ces nouvelles entrées .
Néanmoins, si l’objectif de ce nouveau pacte est d’adopter une gestion plus solidaire des crises migratoires par tous les pays de l’Europe, les nouvelles lois proposées amorcent aussi un durcissement des règles pour les immigrants. Ainsi le pacte Asile et Immigration annonce des procédures de « filtrage » renforcées et accélérées aux frontières. Il annonce également une extension du délai de détention à l’extérieur de l’U.E. Ceci ne pouvant que participer un peu plus à la dégradation des conditions des migrants se trouvant déjà en grande difficulté, comme à Sfax en Tunisie, point de départ de la plupart des bateaux pour l’Italie, où les réfugiés déjà sans assistance médicale, ni accès à la nourriture, vont subir toujours plus l’arbitraire de la police et des gardes côtes tunisiens .
En affirmant ainsi une position plus dure vis-à-vis de l’accueil des migrants, le législateur européen n’agit pas sans intérêt. Les élections européennes approchant, ce pacte par ses propositions, tente de couper l’herbe sous le pied d’une extrême droite de plus en plus décomplexée en venant rassurer l’électorat et les gouvernements réactionnaires de l’Europe Centrale. Avec la perspective prochaine du scrutin des européennes, cette tentative de nouveau pacte n’ouvre pas l’horizon des migrants qui connaîtront toujours plus de morts en mer et resteront à la merci des passeurs. Les migrants se retrouveront encore et toujours incapables d’intégrer une société, avec comme seul avenir celui de finir comme travailleur exploité et non régularisé dans une économie toujours de plus en plus uberisée.
Stan et Cécile