
Solidarité. Restauration des « mineurs non-accompagnés »

La révélation par Blast d’un conflit d’intérêts au sein de l’IDEA a remis en lumière la problématique de la « malbouffe » des mineurs pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance.
Pour bien comprendre, il faut savoir que l’Aide sociale à l’enfance, compétence du département, confie à l’Institut départemental de l’enfance et de l’adolescence (IDEA) la prise en charge des mineurs isolés. À charge entre autres de les héberger et de les nourrir. Or le 6 janvier dernier, Blast, site web d’information, révélait que les gérants des deux prestataires de restauration rapide (le Fren’cheese et le O’Moya) étaient des fonctionnaires du même IDEA, l’une étant chef de service à l’IDEA. Le jour même, le Conseil départemental suspendait les deux fonctionnaires indélicats et reconnaissait son ignorance de ce conflit d’intérêts, provoquant un gros émoi en son sein.
Le devoir de qualité s’invite
Des questions restent cependant en suspens. Depuis des années des associations, des employés, voire des mineurs eux-mêmes, se plaignent de la qualité médiocre des repas servis aux jeunes, voire de leur insuffisance. En février 2019, une quarantaine de mineurs s’en étaient ouverts au RESF qui avait aussitôt informé de cette situation la présidente du CD. Assurance avait été donnée de vérifier ces dires et d’éventuellement de changer de prestataires, à l’époque le Fren’cheese et le Pain du Jour. Effectivement, en octobre 2019, le Pain du Jour a été remplacé par le O’Moya. Mais les plaintes ont continué.
La première question qui se pose est donc celle des critères du choix des prestataires. La variété et la qualité des repas sont-elles prises en compte ? Ou bien l’urgence de trouver un prestataire pour faire face à l’afflux des jeunes est-elle prioritaire, comme le sous-entend la chef de service incriminée ? La deuxième question est le mode de restauration choisi. La restauration rapide est-elle adaptée à des jeunes de 15-18 ans ? En tout état de cause, les révélations de Blast vont sans aucun doute conduire à une réflexion autour de l’alimentation de ces jeunes. L’idéal, envisagé par le CD, serait de mettre une douzaine de jeunes dans des petites structures, nourris par le syndicat mixte de restauration du département. C’était le projet de la Cigale, bloqué par la municipalité de Perpignan.