Saint-Hippolyte

Saint-Hippolyte

La balade du randonneur : Le P.O.T Rando’ Club(*) vous invite le dimanche 16 janvier à faire une balade

Durée : 4h15. Dénivelé : 20 m. Difficulté : facile. Conditions : licence annuelle 35 euros ou assurance journalière 3 euros. Repas : grillade ; apporter apéro, vin, eau, viande… Départ : 8h45 au parking de la piscine du Moulin à Vent à Perpignan.

Un peu d’histoire…

C’est en l’an 963 qu’apparaît pour la première fois le nom de Saint Hippolyte sous la forme Sanctus Ipolitus. Il est cité dans une charte par laquelle Almaric, archiprêtre, donne à son église d’Elna ses vignes de Saint Hippolyte.

Une présence humaine est attestée depuis les Romains. Une borne milliaire a été retrouvée en 1847 dans l’abside de l’église du village où elle était utilisée comme support d’autel. Le milliaire provient en effet de la Voie Domitienne qui passe à proximité de Saint-Hippolyte et qui reliait Rome au sud de l’Espagne. Il porte une inscription mentionnant l’empereur Constantin le Grand (306-337). La borne est exposée à l’entrée de l’église actuelle.

En 1101 apparaît une famille éponyme, avec Guillem Raimond lequel tient, pour Pierre-Bernard d’Alvari, un fief à la fontaine de Salses. On trouve mention d’un château en 1192 aux mains de Raymond de Saint Laurent lequel fait aveu au roi Alphonse II pour le castellum Sancti Ipolit.

C’est au XIIIe siècle que la Commanderie du Mas Deu de l’ordre des Templiers prend progressivement possession du territoire et de la seigneurie de St Hippolyte.

Une politique constante d’achats de droits, de dîmes et de parts du castrum aux familles nobles qui les possèdent -les Castell surtout, les Vernet ou les Villadamar- leur permet de devenir les seigneurs uniques du lieu et d’y avoir un Commandeur du castrum de Saint Hippolyte.

Probablement dès 1209, existe l’enceinte du village comme le laisserait penser l’expression « castrum cum dominibus ». En 1211 puis en 1236 le château érigé en co-seigneurie, entre les familles de Vernet et de Castell, est vendu par les deux parties aux Templiers.

En 1264, l’ancien château seigneurial est partagé en 3 lots contigus : celui de Ramon de St laurent (1/3) qui doit l’hommage directement au roi, l’autre (2/3) au commandeur du Mas Deu.

En 1271 les Templiers sont maîtres de l’ensemble du territoire de St Hippolyte. Toute la seigneurie est confirmée à la Commanderie du Mas Deu par l’Infant Jacques futur roi de Majorque.

Au XIIIe siècle plusieurs documents évoquent la cellera de St Hippolyte et de celliers qui sont donc groupés sur un espace qui porte le nom de cellera et sur lesquels les Templiers exercent un droit de type seigneurial, ce qui n’excluait pas que d’autres propriétaires, en particulier de puissants laïcs, y aient des biens et détiennent un droit de cens, mais les Templiers doivent exercer sa seigneurie sur l’ensemble. Cette cellera semble être aussi en relation directe avec l’église d’après les textes.

À cette époque, il s’agit d’une zone marécageuse et la forte salinité du sol rend très difficile les cultures vivrières. Par contre, la vigne, dans la partie ouest du territoire, est présente depuis toujours.

Pendant plus d’un siècle, les Templiers procèderont à des travaux d’assèchement des marécages mais en 1312 l’ordre est dissous et tous les biens de la communauté sont confiés par le roi aux hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem. La seigneurie sera entre leurs mains jusqu’à la Révolution.

C’est en 1387 que le Commandeur du Mas Deu réunit toute la population du lieu pour les informer de sa décision de reconstruire le fortalicium pour que les habitants et leurs biens puissent y trouver refuge. On retrouve cette appellation de fortalicium pour l’enceinte à construire à la même époque en d’autres lieux du Roussillon.

Cette nouvelle fortification, bien visible dans le village actuel, laisse de côté l’église, juste en bordure, de l’autre côté d’une rue qui semble recouvrir les anciens fossés. Ceci pourrait s’expliquer par les destructions et reconstructions de l’église et du castrum-fortalicium aux XIVe et XVe siècles. L’intérieur de l’enceinte contient cependant des bâtisses de très petites dimensions dont la fonction de remises, de celliers s’est probablement conservée longtemps.

En 1396, les consuls sont autorisés à recueillir des fonds, grâce à une taxe sur les denrées et marchandises pour la construction d’un clocher et la réparation de l’église et des remparts détruits par les gens de guerre du comte Jean III d’Armagnac.

En 1416, le roi Ferdinand 1er d’Aragon autorise de nouveau les consuls à lever des impôts pour l’entretien des murs de l’enceinte et des fossés. Au moment des guerres avec la France, le village est ravagé en 1642 et 1646.

Depuis toujours, et surtout au Moyen Age, la population a su exploiter les diverses ressources de l’étang, que ce soit la pêche ou la récolte du sel. La vigne occupe encore une part importante du territoire.

Au milieu du XIXe siècle le blé était la principale céréale cultivée, on y trouvait aussi des oliviers et la vigne occupait près du quart du territoire.

Plus surprenant, une étude datant du XVIIIe siècle fait état de la culture de la salicorne dans la partie de la Salanque maritime et celle longeant l’étang. Ignorée aujourd’hui, cette plante se plaisant dans un milieu salin, et dont la variété est comestible, était utilisée pour la fabrication de la soude.

Jusqu’au XXe siècle, l’élevage de moutons au pré-salé a été pratiqué à Saint Hippolyte.

Au lieu-dit La Fount del Port se trouve le site de la Barraca de la Bonança, sa superbe maison en sanills et ses ateliers maritimes. Crée en 1996 par des amoureux de la mer et des vieux gréements, l’association regroupe des passionnés de voile maritime qui entretiennent et restaurent des barques catalanes.

Le canal Paul Riquet

Ce canal est un projet mort-né, initié par Vauban en 1686 afin de faire transiter troupes, armements et matériaux par voie d’eau depuis le canal royal du Languedoc. L’objectif initial était de prolonger le canal de la Robine à Port-la-Nouvelle jusqu’à Perpignan, Canet et même Ille- sur-Têt, via les étangs de La Palme et Salses-Leucate.

Le canal est creusé entre la Fount del Port et Saint- Hippolyte de 1691 à 1693, mais le projet est abandonné en raison des coûts prohibitifs, de la politique royale et surtout des progrès routiers devenus plus rapides. Le canal n’aura donc aucune fonction, si ce n’est de participer à l’écoulement des zones marécageuses et de former une zone de promenade sympathique, arborée de peupliers blancs et de pins maritimes.

Le ponton de l’ancienne base Latécoère « L’Escale », unique vestige de la grande histoire de l’aéronautique Laurentine. C’est ici, sur près de 150 hectares, que l’industriel Pierre-Georges Latécoère implante sa base d’essais en 1925 pour assembler et tester les hydravions construits à Toulouse.

Le site est composé de hangars et ateliers, d’une base météorologique, d’un TSF, de bureaux et logements, d’un aérodrome, d’un ponton en béton long de 130 m et d’une grue géante pour tirer les hydravions hors de l’étang.

Ici vont se croiser entre 1925 et 1936 les pilotes de légende comme Saint-Exupéry, Mermoz, Guillaumet, la base servant de relais sur le trajet de la ligne aéropostale Europe-Amérique du Sud, la plus longue ligne aérienne du monde de l’époque. En 1937, le site est vendu à l’Armée française et devient une base d’entrainements des services secrets.

Pour se renseigner, tél à : Jean-François 04 68 56 81 03 ou 06 20 40 63 05

(*) Le Perpignan Omnisports des Travailleurs-es, association affiliée à la F.S.G.T.

Jean-François Menny

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