Berceuses

Berceuses

Il dévoile ainsi un florilège de Berceuses, les vraies, ou celles qui débordent du genre vers des expressions plus tourmentées.

Concert. En récital à l’Archipel, Bertrand Chamayou invitait à un voyage au pays des songes.

Le Grenat de l’Archipel accueillait dimanche 5 décembre Bertrand Chamayou, pianiste sensible et talentueux. Il proposait un récital d’une grande originalité intitulé Good night, uniquement des Berceuses d’une bonne quinzaine de compositeurs des XIXe et XXe siècles et quelques contemporains. A l’origine de ce programme, qui est aussi celui d’un CD récemment sorti, les insomnies de l’artiste, insomnies qui ne sont pas pour lui une souffrance mais des moments entre rêve et réalité générateurs d’une profusion de sentiments et sensations.

Un récital qui se révélait une parenthèse de sérénité dans cette époque troublée. Pour expliquer son programme, Bertrand Chamayou dialogue avec le public sur le ton de la confidence parvenant à installer une réelle proximité, tantôt un clin d’œil, tantôt une anecdote, toujours un éclairage sur l’œuvre et le compositeur. Visiblement la berceuse est un genre qui a inspiré beaucoup de musiciens, Janacek, Liszt, Chopin, Villa-Lobos, Grieg, et, moins connus, Lyapunov ou Valentin–Alkan, ou Bryce Dessner, un contemporain quadragénaire. 

Le pianiste les enchaîne avec flegme et dextérité, son jeu est fluide, son toucher d’une incroyable délicatesse. Il dévoile ainsi un florilège de Berceuses, les vraies, ou celles qui débordent du genre vers des expressions plus tourmentées. Il ne s’en tiendra pas là, en rappel, généreux, il offre au public deux longues pièces de Messiaen, œuvres fortes et exigeantes, un aperçu de son prochain enregistrement.

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