
Espagne : Le salariat n’est pas un luxe

Le décret oblige les plateformes et collectifs (Deliveroo, Uber Eats, Glovo, Riders X Derechos, Amazon…) à embaucher les coursiers en tant que salariés.
Loi Rider. Le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez et Yolanda Díaz, ministre communiste du Travail, vice-présidente du gouvernement, ont approuvé la réforme du code du travail.
Les coursiers des plateformes de livraison de repas à domicile à vélo ou à moto avaient, à de nombreuses reprises, dénoncé la précarité de leurs conditions de travail. Un décret du 11 mai leur confère désormais un statut de salariés après un accord avec les organisations patronales et syndicales introduisant dans le code du travail une « présomption de salariat ». Inédite en Europe, cette nouvelle législation oblige le secteur à se réorganiser. Yolanda Diaz, a souligné que l’Espagne était « le premier pays de l’UE à légiférer sur ce thème ». Le décret oblige les plateformes et collectifs (Deliveroo, Uber Eats, Glovo, Riders X Derechos, Amazon…) à embaucher les coursiers en tant que salariés – et non en tant que travailleurs indépendants – dans un délai de trois mois suivant la publication de la loi au Journal officiel.
En outre, les entreprises doivent mettre à disposition des syndicats les règles de fonctionnement des algorithmes qui gèrent la répartition des commandes et les primes. Les livreurs passent ainsi d’un travail payé à la tâche à un travail payé à l’heure et bénéficieront d’une protection sociale et des droits afférents au statut de salarié. Jusqu’alors, ils devaient assumer eux-mêmes leurs cotisations sociales, leur facture de téléphone, les frais liés à leur véhicule, leurs arrêts maladie et leurs vacances. C’est donc une avancée sociale même si la prise en charge du matériel n’est pas garantie et les horaires restent très flexibles. La ministre du travail n’exclut pas « que d’autres secteurs, comme celui des chauffeurs VTC, puissent être inclus » dans la loi Rider.