Génération démoralisée

Génération démoralisée

Lou Baron vient d’être sélectionnée pour le grand prix Paris Match pour son reportage avec le comité du jumelage d’Alénya au Kenya.


Photographie. Lou a 21 ans, elle est diplômée en photojournalisme et fait partie de ces artistes privés de leur travail.

Photographe, ce n’est pas un métier facile !

L’accès à la formation et aux études dans ce milieu est difficile, les écoles sont souvent privées et extrêmement chères, 21 000 € pour 3 ans. Si l’on n’a pas d’argent de côté, il devient très difficile d’y entrer, on s’endette ou on travaille en même temps que les études. Une fois le diplôme obtenu, on se retrouve devant de nouvelles difficultés : trouver un emploi. Dans ce milieu, il faut savoir se démarquer et se vendre.

Quels sont vos projets immédiats ?

Avec la crise sanitaire, on se retrouve face à de nouveaux problèmes puisque nous ne pouvons pas démarcher. Pour ma part, j’aimerais faire des formations en audiovisuel auprès d’enfants et d’adolescents mais il est très difficile aujourd’hui de rencontrer les institutions.

Pour autant à 20 ans, on est optimiste, non ?

C’est difficile de se motiver. Aujourd’hui j’essaie de prévoir le post-Covid, de monter des projets mais la plupart tombent à l’eau. J’aimerais aussi organiser ou participer à des projets humanitaires mais la plupart ont été aussi annulés. Je suis dans une situation difficile, je n’ai pas d’emploi.

Pourtant le gouvernement a annoncé des aides pour les jeunes

Quand on a moins de 25 ans on est un peu laissé de côté. Il existe un RSA mais il faut justifier d’au moins 2 ans de travail à temps plein. Comment, après avoir fini ses études ou avoir obtenu le BAC, peut-on justifier de ce temps de travail ? J’ai reçu un SMS de la CAF présentant des dispositifs pour aider les jeunes durant la crise. Bons, RSA, Garantie jeunes (maximum de 500 €), des aides pour les étudiants et pour les jeunes actifs etc…mais ma situation n’est pas représentée. Il me reste les missions locales mais aucune dans mon domaine. La seule chose qui me permet aujourd’hui de tenir c’est Pôle emploi qui continue de me rémunérer mais avec une somme très faible. J’ai cette chance, alors que beaucoup d’amis qui ont fait le même parcours que moi se retrouvent sans aucun moyen.

Et l’après Covid, il sera comment ?

J’espère que cette crise ne va pas durer trop longtemps, parce que je risque de suffoquer. Comme beaucoup de jeunes, je me retrouve isolée, chez moi, sans grande source de motivation. Beaucoup d’entre nous tombent en dépression. Vingt ans, c’est le moment où l’on doit vivre, où l’on se construit, où l’on prépare son avenir.

TAGS