Quand Rousseau détrône Columbo…

Quand Rousseau détrône Columbo…

La Faute à Rousseau, saison 1, France 2 en replay, saison 2 en préparation.

Série télé. La Faute à Rousseau, nouvelle série revigorante de France 2, dépoussière la philo et esquisse finement quelques portraits d’ados..

«Ici, on va tout casser, la philo c’est tout déconstruire, les idées reçues, les préjugés, les apparences. C’est se mettre à nu. » Les élèves de terminale du lycée La Fontaine découvrent Benjamin Rousseau, un esprit libre, atypique, un peu punk, qui va dépoussiérer l’enseignement de la philosophie en prenant appui sur la vie de ses élèves pétris comme tous les ados de doutes et de questionnements.  

Les lycéens au premier plan

Chaque épisode zoome sur un élève et une thématique. « On s’est donné le droit de dessiner des personnages d’ados forts et d’entrer dans leur intimité », explique le scénariste
Thomas Boullé. La série réussit à effleurer des bribes d’une réalité sociale souvent occultée et ouvre la classe aux tumultes du monde. Elle ne se contente pas de considérer les lycéens à travers un regard d’adulte. Elle fend les armures, dévoile les blessures…
On y rencontre, par exemple, Ethan, élevé par une mère célibataire fauchée et animé par un puissant désir de revanche, Aïcha, dont l’ambition est en réponse aux attentes de son père, Théo, victimisé par Gabriel pour afficher son homosexualité, Emma qui prend en charge depuis des années sa mère bipolaire. « Rousseau est un héros très lucide sur la vie, il fallait qu’il y ait face à lui une représentation honnête de la réalité des lycéens d’aujourd’hui. » 

« Par le biais de la philo, on oblige nos héros à prendre leur destin en main »

Charlie Dupont, drôle et sensible, est touchant dans la peau de ce prof qui grandit en même temps que ses élèves. Comme eux, on est tour à tour surpris, séduits, agacés, perplexes, face à ce prof à l’humour vachard qui manie les concepts autant que la provoc et pousse ses élèves à affronter leurs doutes. Un personnage paradoxal, habité par la philo et dont la vie est totalement chaotique.
La philosophie y joue un vrai rôle. « Par le biais de la philo, poursuit le scénariste, on oblige nos héros à prendre leur destin en main, à faire des choix. Nous avons fait attention à ce que les adultes ne leur imposent pas des solutions. Rousseau leur donne des armes, mais c’est à eux de trouver leurs propres réponses. »  
Qu’un poète-philosophe détrône les héros télévisés ordinaires, en dit long sur la période troublée que nous traversons…

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