Actu Média

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Sources : Marianne

Patrons, finance, En Marche : au-delà de BlackRock, ces Légions d'honneur attribuées à des proches du pouvoir

Parmi les 487 personnes figurant dans la promotion civile de la Légion…

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Sources : Libération

Retraites : le trafic SNCF et RATP toujours perturbé mardi

Le mouvement social

Sources : L'Humanité

Le mépris d’Emmanuel Macron rebooste le mouvement social

Dans sa traditionnelle séance de vœux, le chef de l’État a répondu par une fin de non-recevoir méprisante aux Français qui refusent sa réforme des pensions. Et renforcé leur détermination…

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Sources : L'Humanité

Inégalités. Les femmes, un Alibi de la réforme qui perd de points

Le gouvernement affirme qu’elles seront les gagnantes de son nouveau régime. Les premiers détails montrent au contraire des régressions, alors que leurs pensions sont en moyenne déjà 25 % moins…

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Sources : L'Humanité

Mobilisation. Les salariés de la culture entrent dans la danse.

Les musiciens et danseurs grévistes de l’Opéra de Paris ont marqué les…

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Sources : l'Humanité

LE MESSAGE EXCLUSIF DE LULA AUX LECTEURS DE L’HUMANITÉ

Depuis sa prison, l’ancien président nous a fait parvenir ce texte où il remercie les marques de soutien et appelle à poursuivre la mobilisation pour sa libération et pour le respect de la démocratie au Brésil.

Le monde regarde aujourd’hui avec inquiétude…

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Sources : l'Humanité

AFFAIRE LEGAY : « IL Y A UNE VOLONTÉ MANIFESTE DE CACHER LA VÉRITÉ »

Pour Arié Alimi, avocat de la militante pacifiste victime de violences policières, à Nice, le 23 mars dernier, les nombreux conflits d’intérêts dans cette enquête rendent impératif un dépaysement de l’affaire hors des Alpes-Maritimes.

Selon les révélations de nos confrères de…

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Sources : Médiapart

Brexit: le sabotage de la volonté des citoyens

Autrefois, on employait le terme de spectacle – du latin spectaculum, « merveille à voir » – pour désigner une pièce de théâtre ou un événement particulièrement sensationnel, dont la vue était censée faire le régal du grand public. Parmi les différents sens historiques du mot,…

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Sources : Médiapart

Palestine: l’arnaque historique du plan de paix américain

« L’accord du siècle » annoncé par Donald Trump devait rompre avec le consensus diplomatique traditionnel. Il va bien au-delà en niant la plupart des droits nationaux reconnus aux Palestiniens par la légalité internationale et les Nations unies, et en mettant un terme au projet…

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Sources : Libération

Adieu poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles : 60% des vertébrés ont disparu en 44 ans

 

D'après «l'indice planète vivante», calculé par la Société zoologique de Londres à partir de 4005 espèces entre 1970 et 2014, et révélé ce mardi dans un rapport de WWF, les populations d'animaux sauvages se sont effondrées. La dégringolade est encore plus marquée dans les…

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L’ordre règne en Bolivie

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Coup d’état. Répression féroce, reprise en main du pays, accaparement des richesses par une caste, suivent l’exil forcé d’Evo Morales.

Sous pression, menacés à travers leurs familles, sénateurs et députés du Movimiento Al socialismo (MAS) majoritaires dans les deux assemblées, ont résisté pendant dix jours avant d’accepter la démission d’Evo Morales et de nouvelles élections. Elles auront lieu le 20 mars 2020.

José Luis Camacho, le dirigeant des Comités civiques de Santa Cruz, organisateur des violences qui ont accompagné le coup d’état, s’est déclaré candidat. La droite traditionnelle se voit supplantée après avoir servi de marchepied à l’extrême droite.

Les organisations ouvrières, la Cob (Confédération ouvrière de Bolivie), paysannes, comme la CSUTCB (Confédération syndicale unique des travailleurs des champs de Bolivie) ont levé les blocages en échange de la suppression du décret exonérant l’armée de toute responsabilité pénale dans la répression.

Les paysans ont regagné leurs communautés où, en 2003, était né un grand mouvement populaire, contre le FMI, la banque Mondiale, les multinationales pour exiger la nationalisation du gaz. Le 6 juin 2005, il obtenait la démission du déjà président Carlos Mesa et, le 22 janvier 2006 voyait l’intronisation du président Evo Morales, (53, 7% des suffrages) un Aymara, syndicaliste paysan, cultivateur de coca.

Un régime stable et des réussites

En quatorze ans de pouvoir, la Bolivie était devenue un état plurinational, reconnaissant et promouvant les langues indigènes. La nationalisation du gaz (1 er mai 2006) permettait de financer un système unique de santé gratuit, de réduire l’extrême pauvreté de 38 à 15% et la mortalité infantile (soins gratuits aux femmes enceintes), de délivrer la « renta dignidad» (pensions de retraite), d’éradiquer l’analphabétisme et de devenir, après Cuba, le pays réservant le plus haut pourcentage du PIB à l’éducation. Les banques étaient obligées de consacrer 60% de leurs ressources à l’investissement productif et à la construction de logements sociaux.

Le système économique bolivien était salué comme le plus réussi et le plus stable: inflation éliminée, taux de chômage le plus bas d’Amérique du sud, augmentation du salaire réel, diminution de moitié de la dette extérieure. Entre 2006 et 2019, le PIB passait de 9 milliards à plus de 40 milliards.

Le Parlement votait une loi (2010) qui reconnaît des droits à la Pacha Mama, la terre mère.

La découverte de gisements de lithium (70% des réserves mondiales) encore inexploités et que le gouvernement envisageait de nationaliser assurait une nouvelle prospérité.

L’oligarchie bolivienne, les multinationales et l’administration Trump pouvaient-elles laisser passer une telle manne?

Aujourd’hui, à Cochabamba, El Alto, Sucre, Potosi, en dehors de toute enquête officielle, la population compte ses morts, ses disparus, ses emprisonnés.

Milles démons

Le mouvement associatif argentin a envoyé à La Paz une mission de quarante personnes (juges, avocats) parmi lesquelles le fils de Perez Esquivel, prix Nobel de la paix. Agressés dès l’aéroport, menacés par le ministre de l’intérieur, Arturo Murillo, la mission a écourté son séjour.

Le coup d’état a mis en chasse des meutes racistes qui ont donné libre cours à leur soif de vengeance contre les indigènes qui leur avaient ravi les richesses et le pouvoir pendant 14 ans. Ainsi, le châtiment infligé à Patricia Arce, la maire de Vinto, obligée de marcher pieds nus sur des tessons de bouteille, tondue et aspergée de peinture rouge. Traque à la pollera, les jupes froncées des femmes, viols de mineurs dans les casernes, opposants précipités des hélicoptères, les premiers témoignages bouleversent les Argentins qui n’ont pas oublié les crimes de la dictature.

Les hôpitaux publics refusent de soigner les blessés, ce que vient corroborer le témoignage d’Aiver Guarana, médecin, aussitôt arrêté.

Répartition du butin

En attendant les élections, ce «gouvernement de transition» s’arroge des pouvoirs régaliens: relations diplomatiques rompues avec le Venezuela, rétablies avec les Etats-Unis et Israël, renvoi des médecins cubains, retrait de l’Alba, l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique, traité de commerce et de solidarité qui promeut l’intégration et la paix dans le continent.

Les privatisations sont entamées.Le butin est en voie de répartition.

Les mensonges de l’Organisation des état Américains

Preuves et accusations se multiplient contre L’organisation des États Américains (OEA), financée à 60% par les Etats-Unis.

Malgré les demandes, l’OEA est incapable d’annoncer la date de publication de son rapport définitif sur les élections du 20 octobre. Des organismes internationaux, dont le Center for economic and Policy research, basé à Washington, contestent le panel retenu et ses conclusions. Ils affirment que même si les quelques milliers de voix contestées étaient reportées sur le candidat adverse, Evo Morales arriverait largement en tête.

Conclusions reprises par James Galbraith, Mark Weisbrot, qui figurent parmi les personnalités des universités de Harvard, Cambridge, Sao Paulo, l’Unam de Mexico, Chicago, Austin, New-Delhi qui le 2 décembre, ont publié une tribune libre dans The Guardian pour demander à l’OEA « de retirer les accusations qui ont servi de justification au coup d’état».

Les signataires s’adressent au Congrès des Etats-Unis afin qu’il ouvre « une enquête sur le rôle de l’OEA et s’oppose au coup d’état soutenu par l’Administration Trump».

L’Union Européenne en accusation

L’Union européenne est, elle aussi, mise en accusation. Elle avait financé l’achat du système électronique permettant le comptage des votes, ses observateurs étaient présents mais n’ont rien dit face aux premières accusations.

Le représentant de l’UE, Léon de La Torre, et les ambassadeurs occidentaux étaient présent lors de massacres de Cochabamba et de Senkata. Ils n’ont rien dit non plus, s’entretenant aimablement avec Jeanine Anez et faisant pression sur le Parlement.

L’UE a permis à l’Administration Trump de tirer les ficelles tout en demeurant en coulisses. Elle a fait le sale boulot, cela s’est vu, cela se sait.

Le Parlement européen a refusé d’inclure les termes de coup d’état dans l’ordre du jour de sa réunion sur la situation en Bolivie.

Discrétion sur la répression en Bolivie, sur l’expulsion de journalistes, la censure des médias, mais le Parlement vote le 27 novembre une résolution qui condamne Cuba pour l’arrestation d’un délinquant multirécidiviste, José Luis Ferrer. La résolution prévient que « le dialogue politique et de coopération avec Cuba peut être suspendu si les violations des Droits de l’homme continuent»

En Amérique Latine, le visage de la vieille Europe des lumières s’efface. A sa place, se dessine celui de démocraties hypocrites et menteuses qui s’érigent en modèle, donnent des leçons au monde entier et couvrent un régime raciste et ses crimes de lèse humanité.

En Bolivie, le jeune candidat du Mas à la présidentielle, Andronico Rodriguez, 29 ans, est retourné parmi les siens, chez les paysans producteurs de coca, dont il est l’un des responsables syndicaux. C’est là, à Cochabamba, que tout avait commencé… Sur ces terres que la Pacha Mama a dotées d’un éternel printemps.

Rédigé le 13/12/2019

Maïté Pinero.Ex Correspondante De L’Humanité à Cuba.